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La couverture végétale suit un gradient pluviométrique
et se répartit en trois grands domaines phytogéographiques.
L’inégale répartition des pluies, la frange
maritime et la variété des sols fondent la diversité des écosystèmes.
La zonation fait ressortir une répartition des
domaines avec les formations végétales suivantes :
- des forêts claires du domaine guinéen,
- des savanes arbustives et arborées du domaine soudano-sahélien,
- des steppes arbustives et arborées du domaine sahélien.
Il s’y ajoute deux formations spécifiques : les
forêts galeries le long des cours d’eau et dans le domaine guinéen, et
les mangroves à Rhizophora racemosa et à Avicennia
africana le long des berges des cours d’eau du Saloum et de la
Casamance.
Les ressources végétales du Sénégal, sous forme de
formations forestières, présentent une variabilité de l’extrême sud
du pays à la pointe nord ; la succession laisse se lire les types
guinéen, soudanien et sahélien. L’ampleur de l’interpénétration
des peuplements augure d’une relative transition ; cependant la
gamme des formations forestières est large, faisant découvrir les
galeries aux essences du sud, les formations sèches du sud-est, la savane
arborée à l’est et au centre et les steppes arbustives du nord.
Le domaine soudano-guinéen s’étend du Sénégal
oriental à la Casamance ; il est occupé par la forêt humide composée
de Khaya, Afzelia, Ptercarpus, Daniella, Chlorophora
et Ceiba. De grosses grossières y constituent la strate herbacée :
Andropogon, Spermacoce.
La mangrove de l’estuaire de la Casamance est peuplée
de Rhiziphora et Avicennia.
Le domaine sahélo-soudanien couvre le Bassin
arachidier reçoit une savane arbustive boisée où domine le système de
parcs à Faidherbia, Borassus, Adansonia, Cordylia,
Sterculia et Combretum. Dans les milieux dégradés tels que
les tanns, se rencontre le Tamarix pour les ligneux et le Borreria
pour les herbacées. Le tapis herbacé reste dominé par Andropogon,
Pennisetum et Zornia.
Le domaine sahélien occupe la zone
sylvopastorale avec une végétation arbustive et arborée, dominée par
des épineux, pour l’essentiel des Acacia. Les espèces
rencontrées sont les Boscia senegalensis, Balanites aegyptiaca,
Combretum glutinosum, Pterocarpus luscens et Dalbergia sp.
Les graminées sont : Eragrotis tremula, Cenchrus bifloris
et Schoenofeldia gracilis.
La partie inondable du fleuve Sénégal est une zone de
forêts à Acacia nilotica var. tomentosa (goniaké)
La rôneraie du Cayor et la palmeraie de la Casamance
reculent sous l’emprise des défrichements et de la surexploitation ;
les Niayes sous l’effet de l’urbanisation et de la salinisation des
terres enregistre une disparition du couvert végétal.
Le couvert végétal a subi une réduction sensible, eu
égard à l’avancée des fronts agricoles et charbonnier, la pratique de
l’élevage extensif, le surpâturage, l’élagage des ligneux, aux
effets desquels viennent s’ajouter la péjoration du climat, avec
notamment une longue période de sécheresse. En 10 ans, soit de 1981 à
1990, le potentiel ligneux a connu une baisse de 18 millions de m3,
correspondant à une régression de 800 000 ha de forêt. Par ailleurs, en
un quart de siècle près de 60 % de mangrove et de forêts alluviales ont
disparu, du fait de la sursalure des sols et des aménagements agricoles.
La dégradation des formations forestières illustre
l’impact de la sécheresse ; elle constitue une menace réelle pour
certains formations spécifiques notamment les forêts de goniaké de la
vallée du fleuve Sénégal.
Les superficies occupées par les forêts, les
plantations et cultures se répartissent de la manière suivante :
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Superficies des terres :
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19 253 000 ha
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Superficie des forêts naturelles
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7 656 000 ha
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Superficies de l’ensemble des forêts
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11 660 000 ha
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Superficies cultivables
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3 800 000 ha
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Superficies cultivées
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2 200 000 ha
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Superficie des plantations
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112 000 ha
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Pourcentage des superficies boisées
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40 %
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Les Forêts Classées
Le domaine forestier du Sénégal comprend un Domaine
dit Protégé et un Domaine dit Classé.
Le domaine protégé est la partie du domaine
forestier non classé où s'exerce l'exploitation forestière en l'absence
de plan d'aménagement sous contrôle de l'Administration Forestière. Ce
domaine englobe les formations forestières non comprises dans les zones
de terroir aménagées à des fins agricoles et pastorales. Le
domaine classé couvre 31,71 % de la superficie du pays (PAFS,
1993) et se compose de Réserves Spéciales, des Périmètres de
Reboisement et de Restauration, des Parcs Nationaux, des Forêts Classées
et des Réserves Naturelles Intégrales. L'exploitation des ressources de
ce Domaine nécessite un plan d'aménagement et de gestion pour la
production de ressources végétales, la protection des sols et la
conservation de la biodiversité. La superficie de ce domaine peut être
augmentée par le classement de nouvelles zones ou réduite par le déclassement
de certaines parties.
Le Sénégal compte environ 213 forêts classées réparties
dans les différents domaines phytogéographiques du pays. Elles jouent un
rôle très important dans la conservation de la végétation, de la flore
et de la faune. Un droit d'usage est accordé aux populations des villages
riverains de ces forêts classées. Leur superficie est estimée à 6 240
000 hectares dont environ 1500000 ha pour les réserves sylvo-pastorales
et 1980000 ha pour les zones d'intérêt cynégétique.
En dehors de quelques droits d'usage accordés aux
populations riveraines, l'exploitation des forêts classées est
interdite. Leur statut prévoit leur aménagement à des fins de
production (charbon de bois, bois de chauffe, bois d’œuvre, produits de
cueillette) ou de protection. La plupart des forêts classées ont bénéficié
de ce statut avant l’indépendance (1960).
Entre 1932 et 1960, quatre vingt sept (87) forêts ont
été classées. Ces forêts peuvent être regroupées en 3 catégories
selon les motifs de classement : réserve de bois d’énergie :
ce sont les forêts classées du rail couvrant une superficie de 271 468
hectares; conservation des sols; végétation dense et /ou riche en espèces
de valeur : le classement vise la préservation de la végétation et
de la biodiversité. Actuellement, le Service des Eaux, Forêts, Chasse et
de la Conservation des Sols a la responsabilité de la gestion de 213 forêts
classées. Il existe 130 espèces dont 56 sont des arbres; les plus représentatifs
sont : Lannea acida, Sclerocarya birrea, Adansonia digitata, Bombax
costatum, Cordyla pinnata. 64 espèces sont des arbustes. Combretum
glutinosum, C. micranthum, C. nigricans, Guierra senegalensis, Acacia
macrostachya, Acacia seyal et Grewia bicolor y sont aussi représentées.
La plupart des forêts classées présentent des signes
de dégradation sous l’effet des facteurs : naturels que sont la sécheresse,
la forte salinisation des eaux et des sols, l’érosion ; anthropiques
dont les principaux sont : les défrichements, les feux de brousse, la
surexploitation des ressources forestières le surpâturage et le
braconnage. La régression des formations forestières constatée par l'évaluation
de 1980 s'est confirmée durant la décennie écoulée.
La superficie des formations forestières situées hors
des parcs nationaux est passée de 12,7 millions d'hectares en 1980 à
11,9 millions d'hectares en 1990, soit une régression de 800000 hectares
en dix ans. Le potentiel ligneux a accusé une baisse de 18 millions de m3
dans la même décennie, avec régression de 9,2% pour la décennie
1985-1995. Cette régression se poursuit au niveau des formations forestières
classées
Les régions de Saint-Louis, Tambacounda et Louga
regroupent 76,8 % de la superficie des forêts classées et réserves du Sénégal.
La région de Saint-Louis est la plus pourvue en forêts classées et réserves
(61) alors que celle de Diourbel n’abrite pas de formation forestière
classée. Saint-Louis et Louga, régions septentrionales, présentent les
taux de classement les plus élevés.
Le bois de chauffe a toujours été très exploité.
Depuis une décennie, l'essentiel de la production de bois de chauffe
provient des régions administratives de Tambacounda et de Kolda pour
l'approvisionnement des centres urbains comme Dakar. L'augmentation de la
population des villes surtout au début des années 1970 à cause de la sécheresse,
a eu comme conséquence un accroissement de la consommation en bois de
chauffe.
La plus grande partie de la production contrôlée de
bois de chauffe de 1995 à 1997 provient des régions de Tambacounda,
Kolda, Kaolack et Saint-Louis. La production de cette dernière est
probablement issue des défrichements effectués après la mise à eau du
barrage de Diama. Certaines régions comme Kaolack et Fatick, à forte
production dans les années 1980, présentent une baisse alors que
Tambacounda enregistre une très forte augmentation à partir de 1993.
Le marché local du bois d'œuvre est approvisionné
par deux sources : la production locale (surtout les régions de Kolda,
Tambacounda) et l'importation de grumes ou de bois avivés. La plus grande
partie de la production locale provient de trois espèces : caïlcédrat (Khaya
senegalensis), Dimb (Cordyla pinnata) et Linké (Afzelia
africana). Bombax costatum ou Kapokier est très exploité.
La production locale reste inférieure à la demande.
On estime que la production locale ne couvre que 5 % des besoins même si
les estimations des disponibilités nationales en bois de service
indiquent un potentiel de 49 millions de m3 dont 1, 225 millions de m3
annuellement accessible à l'exploitation. Cependant la demande est supérieure
à la production. L’exploitation des produits de cueillette nécessite
peu d’investissements financiers, comparée aux autres produits
forestiers (charbon par exemple) : il s’agit de fruits, gomme, résines,
gousses, feuilles diverses, écorces. La production est caractérisée par
une irrégularité interannuelle qui peut varier du simple au double.
Parmi les fruits les plus exploités on peut citer : Nété (Parkia
biglobosa) Madd (Saba senegalensis), Ditah (Detarium
senegalensis), pain de singe (Adansonia digitata) New (Neocarya
macrophylla), Toll (Landolphia heudelotii), sidem (Ziziphus
mauritiana), soump, (Balanites aegyptiaca) tamarin (Tamarindus
indica), noix de cajou (Anacardium occidentale). La gomme
arabique est obtenue par la saignée du gommier (Acacia senegal),
un produit de grande valeur commerciale ; la valeur des récoltes a
atteint 675,8 millions de francs en 1975 et 21 millions en 1978.
L’essentiel de la production vient des régions de Louga (Département
de Linguère) et de Saint-Louis. Les fluctuations de la production (1990
et 1993) sont généralement engendrées par les feux de brousse et la
surexploitation de certains sujets. La Gomme Mbèp est, elle aussi,
obtenue par saignée des individus de Mbèp (Sterculia setigera).
La production de cette espèce présente, à quelques exceptions près,
les mêmes fluctuations.
Les formations ligneuses se réduisent d’environ 80
000 ha par an ; les feux de brousse contribuent à la perte de 100
000 ha de forêts soudano-guinéennes et 250 000 ha de forêts soudano-sahéliennes.
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