PORTAIL D'INFORMATION SUR L'ETAT DE LA TERRE ET DES RESSOURCES EN EAU ET NUTRITION DES PLANTES

SENEGAL

LES RESSOURCES EN ELEMENTS NUTRITIFS DES PLANTES

L’agriculture sénégalaise dans sa majeure partie n’utilise pas de fertilisants. En effet, près de 61 % des exploitations n’ont recours à aucune fumure, en 1998. Moins d’une exploitation sur cinq utilise de la fumure chimique.

Le niveau d’utilisation d’engrais chimique et très faible : 8kg par ha de terre cultivée.

L’arachide et les cultures de contre saison, notamment le maraîchage, sont les principaux destinataires des fertilisants ; la vallée du fleuve Sénégal, les Niayes et le Bassin arachidier constituent les principales zones à forte consommation d’engrais chimiques.

Par ailleurs, 16 % seulement des agriculteurs font usage des engrais chimiques ; il apparaît de graves disparités régionales : 76 % des agriculteurs du Bassin arachidier utilisent les engrais chimiques ; du reste, la répartition par culture révèle qu’en 1987, près de la moitié des engrais était utilisée par l’arachide. Cette nouvelle situation augure t-elle d’une tendance à la redistribution des destinations des engrais ; un arbitrage monétaire certain se lit, car les cultures commerciales consomment plus des deux tiers des engrais.

Toutefois, le recours progressif des engrais comme mode de fertilisation des sols ne comble que de manière très imparfaite ou partielle les besoins de l’agriculture puisqu’en 1998, la demande potentielle, estimée à 220 000 tonnes, n’a été couverte qu’à 25 %.

Le renchérissement des prix des intrants a eu des incidences sur leur niveau de consommation ; les ventes d’engrais ont diminué du fait de la suppression des subventions, -jusqu’à 75 %-, et des effets de la dévaluation du franc CFA, passant de 51 595 tonnes en 1993 à 38 600 tonnes en 1994, à 30 701 tonnes en 1995 et à 32 437 tonnes en 1996. Par conséquent, la production et les rendements ont régressé respectivement de 2,3 % et de 2,4 %.

Sur 110 000 tonnes d’engrais prévu par le plan céréalier, pour la campagne 1988-1989, près du quart seulement a été consommé.

Impact de l’utilisation des engrais sur l’environnement :

Des sérieux cas de contaminations des ressources en eau par les pesticides utilisés dans l’agriculture ont été relevés dans le lac de Guiers, au Ferlo, ans la Vallée du fleuve Sénégal. Des contaminations en nitrates sont constatées dans le département de Mbour, à cause du maraîchage ; une même tendance se dessine à Thilogne et à Kanel.

Le développement de l’agriculture comporte aussi des risques de pollution : les ressources souterraines sont vulnérables lorsque les types de sols ou la structure géologique favorisent un mouvement rapide ver le bas des eaux contaminées ; le risque de contamination est fonction de la profondeur de la nappe : les nappes profondes sont moins atteintes. Les dépôts calcaires fissurés ou karstiques de la zone de Mbour ou les sables des Niayes favorisent la contamination rapide de la nappe.

Les eaux de surface sont aussi vulnérables dans les zones d’agriculture intensive, souvent irriguées à proximité es cours d’eau, utilisé pour la consommation humaine, l’abreuvement du bétail, la pêche ou le loisir : la vallée du fleuve Sénégal et le lac de Guiers reçoivent des rejets d’eau de drainage des unités agro-industrielles de la Compagnie sucrière Sénégalaise. La profusion voire la prolifération des équipements hydrauliques a des incidences sur les risques de pollution, car l’intensification de l’agriculture s’accompagne d‘un recours fréquent aux engrais chimiques. Entre Fissel, Thiadiaye et Nguékokh, il y fonctionne 68 forages pour couvrir moins de 500 hectares.

 

REFERENCES
  • SGPRE, mai 2000, Risque de pollution des ressources en eau, COWI-POLYCONSLT

  • DISA, Prévision de récoltes, 1999