PORTAIL D'INFORMATION SUR L'ETAT DE LA TERRE ET DES RESSOURCES EN EAU ET NUTRITION DES PLANTES |
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SENEGAL |
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LES RESSOURCES EN EAU |
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Généralités Irrigation et drainage
Le Sénégal, peu favorisé par ses conditions climatiques, dispose de potentialités énormes en eaux de surface et en hydrogéologie. Plus des deux tiers du pays recèle des eaux souterraines. Ces aquifères sont d’âge, de profondeur et de niveau de minéralisation différents. Les eaux de surface Le réseau hydrographique du Sénégal est tributaire, d’une part, de la configuration géologique et géomorphologique, et, d’autre part, du régime et de la répartition de la pluviométrie dans la sous-région. Il est alimenté principalement par trois systèmes hydrographiques : le fleuve Sénégal, dont le débit s’élève à 23 Milliards/m3, du cours moyen de la Gambie, avec 3 milliards/ m3, et du bassin de la Casamance. De petits cours côtiers le complètent. D’autres ressources en eau de surface sont constituées par : le lac de Guiers, le bassin de l’Anambé, les vallées fossiles du Sine, du Saloum et du Ferlo, auxquelles et les marigots ou bas-fonds d’une capacité annuelle de plus de 90 millions m3. Le Fleuve Sénégal Le fleuve Sénégal, long de 1 770 km, a un bassin de 337 000 km2 dont 60 000 km2 en territoire national. Il est la septième artère fluviale du continent, et la deuxième de la sous région ouest africaine. Il est formé du Bafing et du Bakoye. La Falémé, seul affluent de la rive gauche de grande importance, après le confluent de Bafoulabé, mesure 650 km de long et prend sa source dans la partie nord du Fouta Djallon, à une altitude de 800mètres. Dans son bief aval, le réseau présente deux dépressions majeures : le lac de Guiers, sur la rive sénégalaise et le lac R’kiz sur la rive mauritanienne. Le bassin du fleuve comprend :
Il a un débit moyen interannuel de 732 m3/seconde mais à cause de son caractère irrégulier son volume oscille dans l’année entre 6,3 Milliards m3 et 39,9 Milliards m3. Le barrage de Diama, mis en œuvre en 1986, permet d’arrêter la langue salée. Le barrage de Manantali, édifié en 1988, permet de stocker 11 Milliards de m3 d’eau. Le lac de Guiers Il s’est constitué sur une vaste dépression naturelle, peu profonde, de 50 km de long. Avec un volume de 601 millions m3 d’eau douce, le lac constitue un plan d’eau alimenté par le fleuve Sénégal par le canal de la Taouey. La mise en eau du barrage de Diama a permis de porter le volume à 680 millions m3, empêchant l’exondation annuelle d’une partie du rivage et favorise l’adoucissement progressif des eaux. Ainsi, la minéralisation du lac a diminué de 50 %, de même que la salinité. La Gambie Long de 1 150 km dont 477 km en territoire sénégalais, la Gambie comprend cinq parties distinctes. La partie sénégalaise est la zone d’eaux douces du cours supérieur. La Gambie a un débit moyen annuel de 135 m3/seconde à Gouloumbou ou 70m3/seconde à Kédougou. La Gambie couvre un bassin versant de 77 100 km2 dont les 72 % se situent au Sénégal. La crise climatique a eu des répercussions sévères sur son régime puisque son volume d’eau annuel est passé de 8,7 Milliards m3 à Gouloumbou en 1974-1975 à 2,5 Milliards m3 en 1983-1984. Les affluents de la Gambie sont le Niériko, le Koulountou et le Niokolo Koba. La Casamance Au sud du Sénégal, coulant d’est en ouest, sur 350 km dont 260 km en débit permanent, La Casamance est couvre une zone estuarienne, sa vallée inférieure est occupée par les eaux marines jusqu’à Diana Malari à 152 km de l’embouchure ; elle draine un bassin de 14 000 km2. Entièrement situé sur le territoire national, elle prend sa source à une altitude de 50 mètres, à Fafacourou et, se présente à Kolda, avec les nombreux dépôts sableux, comme un mince filet. L’écoulement est lent du fait de la faiblesse de la pente. Son débit moyen annuel s’élève à 1, 65 millions m3 d’eau équivalant à 52 millions m3 d’eau. Son principal affluent, le Soungroungou a un bassin de 4 700 km2. Toutefois, la Casamance reçoit de nombreux affluents : Tiangol, Dianguina, Dioulacolon, Khorine, Niampampo et une profusion de bolongs vers l’embouchure. En période de basses eaux, l’eau salée la remontée de la langue saline se situe à plus de 200 km, avant la crise climatique les effets remontaient à Sédhiou. En étiage, de fortes concentrations de sel sont mesurées à Djibidjone, 158 g/l. Cette situation a entraîné une acidification des vallées secondaires, due à la disparition de la mangrove. L’Anambé et la Kayanga En Haute-Casamance, le bassin de l’Anambé couvre une superficie de 110 000 ha. L’Anambé est un affluent de la Kayanga, qui est un affluent de Rio Geba en Guinée-Bissau. La Kayanga est une rivière prenant sa source dans le massif du Fouta Djallon, en Guinée, à 60 mètres d’altitude. Après un parcours de 150 km, il pénètre au Sénégal, descend vers le sud-ouest et rejoint la Guinée Bissau où elle prend le nom de Rio Geba. Au Sénégal, la Kayanga est rejointe par l’Anambé au sud de Vélingara et y couvre un bassin de 4 070 km2. L’Anambé a un bassin versant de 1 100 km2 ; avec un fond de vallées constitué de sols hydromorphes inondés pendant trois à quatre mois, il draine une cuvette servant de retenue du barrage situé à un km de la confluence, ayant une réserve de 50 millions m3. Le Sine Saloum Situé au nord des estuaires de la Gambie et de la Casamance, le complexe estuarien Sine Saloum est constitué de trois " bras de mer " : le Saloum, au nord et au nord-est ; le Diomboss au centre, et le Bandiola au sud. Ce réseau enserre de nombreuses îles. Long de 130 km, il décrit un parcours sinueux ; sa partie aval est large de 3 km. En amont de Foundiougne, le Sine prend sa source mais voit sa partie aval occupée par des vallées asséchées où s’accumulent des eaux de pluies. Son débit est de 410 m3/seconde mais l’écoulement est irrégulier du fait de la sévérité des conditions climatiques depuis deux décennies ; le niveau des écoulements a subi une baisse sensible de l’ordre 58 %, passant de 24 Milliards de m3 par an pour la période 1900-1968 à 14 Milliards de m3 entre 1968 et 1987. Les eaux souterraines Il existe au Sénégal quatre groupes d’aquifères : les nappes superficielles, les nappes semi-profondes, les nappes profondes et les nappes de la zone du socle. Les nappes superficielles Le Continental terminal couvre la quasi totalité du bassin sédimentaire. Elle sert dans les usages des villageois. Sa potentialité est évaluée à 450 000 m3 par jour. Cependant, cette nappe a subi une sérieuse dégradation du fait de la sécheresse ; les réserves se tarissent, provoquant une intrusion saline en bordure de l’Atlantique. Les nappes des sables du Quarternaire se trouvent dans les alluvions du fleuve Sénégal, dans les sables du littoral nord, de Dakar à, Saint-Louis, dans les sables infra-basaltiques de la presqu’île du Cap-Vert et dans les lentilles d’eau douce des îles du Saloum et de la Basse Casamance. Les potentialités qui s’élèvent à 273 000 m3 d’eau se répartissent ainsi :
Les nappes semi profondes Les nappes des calcaires paléocènes très fréquentes à l’est et à l’ouest du massif de Diass et du lac Tamna. Elles ont des profondeurs variant entre 50 et 150 mètres. Le débit oscille entre 5 et 20 m3 par heure. Ses potentialités sont de 30 000 m3 d’eau par jour à Sébikhotane et de 38 000 m3 d’eau par jour à Pout. Les nappes de calcaires lutétiens se localisent entre Bambey et Louga ; elles sont profondes de 50 à 100 mètres. Leurs potentialités sont de 115 000 m3 d’eau par jour. Les nappes de l’Oligo-Miocène, en bordure méridionale du Ferlo, entre Kaffrine et Tambacounda et sur le sud du pays a une potentialité de 105 000 m3 d’eau par jour. Les nappes profondes Le Maeschtrchien couvre les 4/5ème du territoire national. Ses potentialités s’élèvent à 500 000 m3 d’eau par jour. Toutefois, le niveau d’exploitation atteint une profondeur de 400 mètres ; son débit varie en outre de 100 à 250 m3 d’eau par jour. Les nappes de la zone du socle Elles sont situées dans la partie orientale du pays. Seulement, ses ressources difficilement mobilisables et son débit oscille entre 1 et 5 m3 d’eau par jour. Les besoins en eau incitent à des tentatives de mobilisation de la ressource ; en 1995, les besoins théoriques en milieu urbain étaient de 558 928 m3/jour ; la couverture n’atteint que les 41 % de la population urbaine. Ce faisant, il se révèle un déficit de 320 222 m3/jour. Dans le milieu rural, la situation est pire, car pour la consommation humaine, les besoins sont évalués à 125 000 m3/jour ; ce qui correspond à un déficit de 93 750 m3/jour. Les besoins pour le cheptel sont de 83 718 m3/jour. L’irrigation des cultures, en hivernage, pour ses besoins bruts, exige 649 millions m3/an pour 40197 hectares ; la culture de contre-saison utilise 583 millions m3/an pour une superficie de 30 961 hectares. Les secteurs minier, artisanal, industriel et touristique consomme 42 020 m3/jour.
Les déficits paraissent cruciaux eu égard au rythme de réaliser des projets en vue de la mobilisation des ressources mais non par rapport aux potentialités.
Le déficit pourrait être résorbé largement par les seuls superficielles. Un effort doit porter sur les équipements. Une bonne maîtrise de l’eau et des ouvrages y afférant permettra de satisfaire entièrement les besoins. |
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