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Le Sénégal subit régulièrement des inondations liées
à des manifestations pluviométriques. Les répercussions constituent une
réelle menace pour la protection civile.
La mise en eau liée au fonctionnement des barrages a
abouti à la disparition d’inondations périodiques ou sporadiques dans
la vallée du fleuve Sénégal. Toutefois, les dernières inondations de
villes de Saint-Louis et de Podor indiquent bien à quel point il est
difficile de concilier les exigences agricoles et les nécessités d’un
cadre de vie urbain. Le recours à des arbitrages momentanés devra céder
le pas à une meilleure organisation de l’espace.
La mise en eau a aussi comme conséquence une
diminution voire disparition des terres voues aux cultures de décrues. Le
fonds qui sert de support pour stocker l’eau se dépérit, augurant une
disparition de la fonction agricole des terroirs
Le littoral sénégalais est très vulnérable, en
raison des menaces d’érosion côtière, d’inondation qui seraient la
conséquence d’une élévation du niveau de la mer, elle-même liée au
changement climatique. Ainsi, le Cap-Vert perdrait 50% de ses plages ;
il en serait de même pour l’estuaire du Saloum. Celui-ci est particulièrement
exposé aux inondations pour ses mangroves, tannes et bancs de sable.
Dans les zones côtières, la diminution d’eau douce
va accentuer la salinité et accroître le stress hydrique des plantes,
donc des cultures, affectant de la sorte sensiblement les rendements
agricoles.
Les aménagements hydro-agricoles doivent avoir
pour fonction entre autres une prévention de catastrophes naturelles,
avec une meilleure régulation des cours d’eau ; cette maîtrise
des ouvrages ayant une forte composante dans les volets des ressources
hydriques et dans les dispositions spatiales obtenues par une maîtrise
foncière.
Pour une augmentation moyenne de 2°C environ, le
niveau de mer s’élèverait de 50 cm, dont les principales conséquences
se résument dans le tableau suivant :
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Localités
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Températures
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Humidité
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Pluviométrie
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Dakar
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1.5°C
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-1%
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-10%
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Ziguinchor
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1°C
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1.5%
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-24%
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Saint-Louis
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1.6°C
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1.6%
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-6%
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Matam
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2.35°C
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-10%
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-7%
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Kédougou
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2°C
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-11%
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-23%
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La zone des Niayes, la presqu’île du Cap-Vert et
l’estuaire du Saloum couvrent au total une superficie de 4 309 km2 ;
elle est menacée alors que son écosystème est unique, car recelant une
mangrove et d’importantes activités économiques : tourisme et pêche.
D’ici 2050, 15% des plages du Cap-Vert seront perdues du fait de l’érosion
côtière ; 3% des superficies seront inondées, soit 48km2 ou l’équivalant
de 60% de la Ville de Dakar. Les inondations attendues provoqueront la
jonction des côtes sud et nord, eu égard à la présence de zones
inter-dunaires, présentement occupées par des périmètres de
reboisement ; les cuvettes maraîchères, particulièrement vulnérables,
constituent 47 % des cuvettes inondables. Une élévation de 50 cm du
niveau marin obèrerait de 10 % la capacité de recharge de la nappe des
sables infra-basaltiques ; la salinité augmenterait causant la
disparition d’espèces hydrophiles au profit d’espèces halophiles. La
côte sur une bande de 250 mètres serait affectée.
L’estuaire du Saloum qui couvre 896 km2 verra un plus
grand isolement des îles, une plus grande fragilisation de la Pointe de
Sangomar, qui par la suite aura plus de 50 % de superficie inondée ;
des quartiers de Kaolack ou de Foundiougne disparaîtraient.
Les parties en aval des cous d’eau entament un long
processus de marinisation et une hypersalinsation des biefs amont se
constate. La submersion de la mangrove conduit à un enrichissement
trophique du milieu par remobilisation des matières organiques mais
l’estuaire sera privé d’éléments nutritifs, à terme.
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