PORTAIL D'INFORMATION SUR L'ETAT DE LA TERRE ET DES RESSOURCES EN EAU ET NUTRITION DES PLANTES |
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SENEGAL |
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LES RESSOURCES EN EAU |
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Irrigation et drainage Généralités ressources en eaux Le potentiel d’irrigation est énorme, eu égard à la diversité des ressources et aux quantités stockées ou mobilisables. Somme toute, les eaux de surface paraissent les plus avantageuses. Le potentiel des terres irrigables est de 500 000 hectares ; les superficies actuellement en irriguées sont de 60 000 ha, soit 1,6 % des terres cultivables ou 2,8 % des terres effectivement cultivées. Le riz en occupe 35 000 ha, l’horticulture 10 000 ha, la canne à sucre 7 000 ha et le reste pour diverses autres cultures. L’essentiel de l’irrigation s’effectue par les eaux de surfaces puisque les eaux souterraines ne contribuent que pour 10 %. Les barrages de Diama et de Manantali permettent d’irriguer 240 000 ha ; ceux sur la Gambie, 180 000 ha. L’irrigation est une vieille pratique agricole ; nous en avons identifié quelques types :
La vallée du fleuve Sénégal avec ses barrages hydro-agricoles couvrirait 240 000 hectares. La région de Tambacounda où le fleuve Gambie et ses affluents constituent d’importantes ressources hydrauliques, en vue d’irriguer 180 000 hectares de terres, à partir des barrages projetés à Kékréty et Sambou-Galou. Les régions de Kolda et de Ziguinchor sot dotées de nombreux ouvrages hydro-agricoles ; les barrages anti-sel permettront de récupérer 70 000 hectares de terres, tandis que les aménagements, effectués sur l’Anambé, présentent un potentiel d’irrigation de 20 000 hectares de terres. Les régions de Thiès et de Louga, avec le canal du Cayor, auront 8 500 hectares de terres irriguées. Le Ferlo avec la revitalisation de vallées fossiles verra 36 000 hectares de terres irriguées. La question de la sécurité des productions agricoles voire alimentaires a amené les pouvoirs publics à des barrages de Diama et de Manantali en vue de promouvoir ou d’accroître la culture irriguée. D’ailleurs, les petits barrages édifiés dans le sud, en Casamance notamment, s’inscrivent dans cette perspective. Néanmoins l’intensité d’exploitation culturale des terres irriguées demeure faible ; en moyenne, une seule culture est pratiquée pendant toute l’année alors que l’intensité pourrait atteindre le taux de 160 % voire 200 %. Toutefois, le CILSS estime insuffisant un rythme d’aménagement inférieur à 5 000 ha par an et prône 45 000 ha par an pour pallier les déficits vivriers. Le riz domine dans les pratiques de culture sous irrigation mais les rendements demeurent faibles. Le taux de couverture des besoins en riz du Sénégal est de l’ordre de 40 %, entraînant une importation de 400 000 tonnes par an. Les coûts de production du riz irrigué dans différentes zones du Sénégal sont :
Les coûts de production par type de culture se répartissent ainsi :
L’irrigation coûte cher au Sénégal : l’investissement initial est de 8 millions francs CFA par hectare ; l’irrigation par gravité a un coût beaucoup moindre, avec 2 millions francs CFA en périmètres irrigués. Les coûts de l’eau sont déterminés en fonction des besoins nets par saison culturale et par hectare.
Au demeurant, le coût réel de l’eau en milieu rural est de 120 francs CFA par mètre cube, pour l’eau provenant des forages motorisés. Dans les périmètres irrigués privés [PIP] le prix de cession est de 5 francs CFA par mètre cube tandis que la SONES applique un tarif moyen de 600 francs CFA par mètre cube. L’irrigation est un art difficile, requérant une maîtrise technique. Environnement institutionnel : Un régime de droit public consacre la domanialité publique des ressources en eau du Sénégal. Les ressources hydrauliques font partie intégrante du domaine public selon les dispositions du code de l’eau. Mais le droit international régit le statut du fleuve Sénégal, d’après la Convention du 11 mars 1972, qui le déclare " fleuve international y compris ses affluents ". Le fleuve Gambie est régi par la Convention du 10 juin 1978 qui lui octroie un statut de " fleuve d’intérêt régional ". La survivance de droits traditionnels et la perception culturelle de l’eau dans la zone de la vallée du fleuve Sénégal participent de la formation des difficultés rencontrées aujourd’hui, qui nuisent au développement de l’agriculture. L’institution des Dialtabé, maîtres des eaux, consiste à veiller au respect de la réglementation en matière d’eau et à résoudre les conflits nés de l’utilisation de l’eau. L’interprétation tirée du droit musulman confère un caractère non onéreux à toutes les sources dont le jaillissement n’est pas le fait de l'homme ; ces sources sont hors commerce. Le code de l’eau garantit le libre accès aux eaux superficielles ou souterraines à condition que les ouvrages ne soient pas fixe ou que le débit ne dépasse pas 5 m3 par heure. Il en est de même pour les eaux pluviales tombées sur fond privé. L’irrigation qui est un événement entre des droits fonciers et des attributs sur des ressources hydrauliques n’en convoque pas moins des difficultés inhérentes à la législation foncière et aux pratiques foncières. L’une des premières difficultés tient au domaine national, virtuellement approprié par la puissance publique puisqu’étant la seule personne pouvant l’immatriculer. Les différences de statut entre une assiette foncière et des ressources en eau est un problème majeur de l’agriculture sénégalaise. Par ailleurs, le caractère public des ressources en eau ne signifie guère un usage gratuit ou un accès libre, en toutes circonstances. L’eau a un coût ; la domanialité doit s’accommoder aux exigences d’une rentabilité financière ou à celles de l’efficacité économique d’un investissement. Es contraintes institutionnelles déterminent une capacité faible dans l’exécution des travaux ; la gestion des eaux transfrontalières pose de nombreux problèmes. Tendances Le recours progressif à l’irrigation et la mise en eau contribuent à des bouleversements dans la gestion des ressources. Les contraintes au développement de l’agriculture se situent bien en aval de la production avec l’inorganisation du marché des produits, l’absence d’écoulement. Par ailleurs, le coût réel de l’eau amènera les pouvoirs publics à aligner ceux-ci sur la demande. Le développement de l’agriculture urbaine s’affermit mais à l’encontre de l’hydraulique urbaine ; une partie du réseau est détournée sinon il se révèle une concurrence sur les différents usages de l’eau. |
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