PORTAIL D'INFORMATION SUR L'ETAT DE LA TERRE ET DES RESSOURCES EN EAU ET NUTRITION DES PLANTES

SENEGAL

Points névralgiques: contraintes des terres et des eaux à l’agriculture durable

Problèmes

La saturation et la dégradation des sols agricoles semblent irréversibles dans le Bassin arachidier.

Près de la moitié du pays, correspondant au Ferlo sableux et une bonne partie du Bassin arachidier, est extrêmement sensible à l’érosion éolienne. Puis viennent, par ordre décroissant de leurs superficies, les terres très sensibles à sensibles :

  • Ferlo ferrugineux, Basse et Moyenne Casamance ;
  • les sols peu sensibles, localisés au Sud-Est et au Centre du pays ;
  • les sols modérément sensibles (situés essentiellement au Sud de la région de Kaolack, au Sénégal Oriental, et dans la Vallée du Fleuve Sénégal) ;
  • les sols très peu sensibles et non sensibles sont très rares mais que l’on rencontre dans les estuaires, à l’abris des collines de la région de Thiès et au Sénégal Oriental essentiellement au niveau des vallées.
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Les sols sensibles à l’érosion hydrique sont observés au Sénégal Oriental, dans le Bassin Arachidier et en Casamance. La partie nord du Bassin arachidier et le Ferlo sableux de la zone Sylvopastorale sont les régions les plus touchées par l'érosion éolienne.

CARTE DES SOLS

Le barrage de Diama agit au niveau des eaux souterraines en supprimant les inondations saisonnières occasionnées par les crues ; ce faisant, la nappe perd la possibilité de se recharger. En outre, le rabattement de la nappe causé par le barrage et la contamination de celle-ci par le biseau salé rendent impropres à l’agriculture les eaux en aval de l’ouvrage. Ainsi, le Gandiolais est fortement contaminé par les concentrations de sel, particulièrement nocives aux cultures maraîchères.

Au niveau des eaux de surface, les lachures d’eau à partir de Manantali, estimes à 9 Milliards de m3 constituent de réelles menaces pour la protection civile ; en effet, les inondations de Saint-Louis en 1999 et en 2000, occasionnées par la rupture de digues, de ponts et de routes, ont créé les conditions d’une érosion hydrique, portant des dommages sur les terres cultivables et les zones marginales boisées.

Les eaux de surface sont aussi polluées par les ordures, les substances chimiques issues des périmètres irrigués et de l’agro-industrie. D’ailleurs, l’absence de drainage des eaux usées agricoles accentue la salinisation des terres. L’apparition de la salade d’eau et d’autres végétaux flottants tels que la salvina molesta atteste de phénomène émergeant mettant en exergue la dégradation et l’eutrohisation du lac de Guiers.

Erosion hydrique

De fortes précipitations ont provoqué un décapage des sols au Sénégal oriental, dans le sud du Bassin arachidier et en Casamance. Les gouttes de pluies et les eaux de ruissellement ont attaqué la couche superficielle des sols ; les rigoles s’élargissent et s’approfondissent ou donnent naissance à des " bads lands ", incultes, dans le Ferlo-sud.

Les ressources pédologiques sont aussi affectées que les eaux ; le matériau dunaire s’appauvrit du fait de la rétention du limon et des matières charriées jadis par les hautes eaux du fleuve ; ce processus paraissait important dans la pédogenèse. A présent, avec l’extension des tannes vifs, souvent liée à une dégénération de la mangrove, la cristallisation en sel à la surface gène le développement des végétaux dans le delta : ceci s’effectue au détriment des tannes herbeux.

Erosion éolienne

La circulation de l’alizé continental (harmattan) autour de la dépression du Sahara entraîne un renforcement des conditions de type saharien ; l’harmattan, vent sec, remobilise des dunes et transporte de la poussière en suspens. Au niveau de la vallée du fleuve Sénégal, un dépôt de sable se substitue à la sédimentation des argiles, laissant apparaître de plus en plus de poussière en lieu et place des crues. Dans les Niayes, la mobilisation des dunes littorales a produit un ensablement des cuvettes interdunaires humidifiées par la nappe phréatique.

L’érosion éolienne est une cause souvent négligée de la disparition du couvert végétal ; par ailleurs, elle est responsable de la très faible aptitude agricole (appauvrissement rapide des sols sous culture).

Du reste, l’insuffisance des eaux de surface rend les sols peu évolués et aggrave l’érosion à texture grossière, pierreuse ou caillouteuse d’apports hydromorphes (légèrement humifère en surface avec des traînées ferrugienuses en profondeur) ou faiblement halomorphes.

Baisse de la fertilité :

  • La diminution dans l’emploi d’engrais a provoqué une augmentation des superficies emblavées, constituant de la sorte à une menace sur la fertilité des sols.
  • Le caractère médiocre des sols constitue une contrainte majeure pour l’agriculture sénégalaise.

Salinisation

La salinité est un handicap des basses plaines côtières ; toutefois la réalisation d’ouvrages techniques tels que les digues ou les barrages anti-sel, et la maîtrise des arts de l’irrigation et du drainage permettent de contourner la difficulté.

La salinité des terres touche le domaine fluvio-marin (la partie occidentale du pays), en particulier les régions situées dans la basse et moyenne vallée du fleuve Sénégal, du Sine Saloum et de la Casamance. Quatre des six zones agroécologiques sont touchées : Fleuve Sénégal, Niayes, sud du Bassin arachidier, Casamance.

 

Bilan des sels au Lac de Guiers en tonnes

 

 

 

Catégories

1996

1997

1998

Entrées

Apports du fleuve Sénégal

49788

46729

51601

Rejets de la CSS

32850

3850

32850

sous total

82638

50579

84451

Sorties

Irrigations

15604

20306

23083

SDE

2998

2914

2681

Transit vers le Ferlo

60944

51514

48601

sous total

79546

74734

74365

Bilan

Nouveaux apports en sels

3092

4845

10086

 

Dystrification

Les aquifères sédimentaires et éruptifs contiennent des eaux peu minéralisées. Mais la façade Atlantique souffre de problèmes de salinité. Il s’y ajoute des teneurs élevées en fluorure.

Problèmes d’utilisation des terres

  • Empiètements des meilleures terres agricoles / conversion des terres
  • Régime et politique fonciers :

Les problèmes fonciers inhérents à la loi sur le Domaine national montent à quel point les pratiques traditionnelles prévalent dans bien des régions notamment dans la Vallée du fleuve Sénégal.

Le mode de gestion des terres relevant des Communautés rurales ne favorise plus le prêt de terres ; la transmission de biens devient difficile, le transfert devenu inopérant cause un immobilisme préjudiciable à l’agriculture ou tout au moins à l’investissement.

L’insécurité foncière en milieu rural dissuade tout investissement de longue durée ; les transactions sur les biens fonds sont gelées.

Problèmes d’utilisation de l’eau

  • Conflits concernant l’utilisation des ressources hydriques

La démographie galopante, l’urbanisation rapide, une pauvreté croissante et une faible productivité de l’agriculture ont des répercussions néfastes sur les ressources en eau. Or, pour une large part, le secteur nécessite de très lourds investissements.

  • Utilisation inadaptée des ressources hydriques

L’essentiel de l’exploitation est destiné à la région de Dakar, révélant ainsi un grave déséquilibre.

Le système traditionnel d’irrigation par arrosage, utilisé par les exploitations familiales, est dispendieux, car très exigeant en main d’œuvre, avec 60 % du temps consacré aux cultures.

Des calamités naturelles surgissent dans les zones irriguées : criquets, etc. En outre, le coût est particulièrement élevé pour leur aménagement.

Autres problèmes importants

  • Concentration de produits agrochimiques et polluants

Le développement de la culture irriguée dans l'ensemble de la vallée du Fleuve Sénégal a un impact sur l'évolution de la qualité des eaux du lac de Guiers. La pollution chimique et microbiologique du Lac de Guiers est un bel exemple sur l’évolution récente des phénomènes environnementaux.

En l’espace de trois ans, les quantités de sel résiduelles dans le lac de Guiers ont été multipliées par trois. Le Ferlo joue un rôle fondamental dans la gestion du lac en permettant l'évacuation d'une quantité importante de sels ; mais l'insuffisance de l'approvisionnement en eau potable et de l'assainissement des villages riverains est par ailleurs à l'origine de la pollution microbiologique des eaux du lac de Guiers

  • Erosion génétique et réduction de la biodiversité (zone à risque)

Les zones côtières constituent les milieux les plus menacés. En outre, les implications génétiques de la mise en eau des barrages altéreront la richesse biologique de ces sites. La pollution des nappes phréatiques par les usages urbains et par les déchets agro-industiels ou simplement par un usage immodéré des engrais chimiques constituent des menace sur la biodiversité.